Reléguée en deuxième division, la Jeunesse Sportive de Pobè (JSP) doit tirer les leçons de la saison écoulée et se réinventer. À l’occasion de l’Assemblée générale ordinaire du club, le conseiller Tolachè Adebiyi a appelé à l’humilité, à une meilleure gestion et à une mobilisation collective pour permettre à la JSP de retrouver l’élite du football béninois.
La Jeunesse Sportive de Pobè (JSP) doit-elle se contenter de sa relégation en deuxième division ou profiter de cette situation pour reconstruire son avenir ? C’est l’une des principales questions soulevées lors de l’Assemblée générale ordinaire (AGO) du club.
Parmi les différentes interventions, celle de Tolachè Adebiyi, chef d’arrondissement honoraire d’Issaba et fervent soutien de la JSP, a particulièrement retenu l’attention. Pour lui, la relégation du club ne doit pas être considérée comme une catastrophe insurmontable, mais plutôt comme une occasion de tirer des enseignements et de revoir certains aspects de la gestion du club.
Relégation de la JSP : tirer les leçons de la saison
Pour Tolachè Adebiyi, la descente de la Jeunesse Sportive de Pobè en deuxième division constitue certes une déception, mais elle ne doit pas empêcher les responsables et les supporters de regarder vers l’avenir.
« Nous avons connu une défaite. L’équipe a été reléguée en deuxième division. Ce n’est pas encore un problème », a-t-il estimé, tout en reconnaissant que certaines insuffisances doivent être corrigées.
Selon lui, le bilan présenté par le bureau directeur demeure globalement satisfaisant, même si des améliorations sont nécessaires, notamment au niveau du budget prévisionnel et de la maîtrise des dépenses.
À la suite des échanges de l’AGO, une commission a été mise en place afin de réfléchir à une meilleure gestion financière et à une adaptation des dépenses aux réalités de la JSP de Pobè.
Le management au cœur des préoccupations
Au-delà de la question financière, Tolachè Adebiyi insiste sur l’importance du management dans la reconstruction du club. Selon lui, diriger une équipe sportive ne dépend pas uniquement des moyens financiers.
« Ce n’est pas forcément un richard, un pachard qui peut diriger les hommes. Si vous avez le management nécessaire, vous pouvez ne pas avoir de l’argent, mais vous pouvez fédérer les énergies autour d’un objectif et l’atteindre », a-t-il déclaré.
Cette analyse met en évidence la nécessité pour les dirigeants de la JSP de renforcer leur capacité à mobiliser les différentes composantes de la communauté de Pobè autour d’un projet sportif commun.
Une journée de réflexion pour relancer la JSP
Dans cette perspective, le conseiller Tolachè Adebiyi estime qu’une journée de réflexion pourrait permettre de réunir les différentes forces vives de Pobè.
L’objectif serait de réfléchir collectivement aux moyens de reconstruire le club, d’améliorer sa gouvernance et de lui permettre de retrouver progressivement sa place dans l’élite du football béninois.
Cette démarche devrait associer les dirigeants, les anciens responsables, les supporters, les populations, les opérateurs économiques, les acteurs politiques ainsi que toutes les personnes susceptibles de contribuer au développement de la JSP.
Mobiliser les ressources financières, morales et matérielles
Pour Tolachè Adebiyi, la reconstruction de la Jeunesse Sportive de Pobè ne peut pas reposer uniquement sur le bureau directeur. Elle doit devenir une cause collective.
« Il faut que nous réunissions les populations de Pobè et que nous réfléchissions ensemble à la contribution des uns et des autres sur le plan financier, moral et matériel », a-t-il plaidé.
L’ancien chef d’arrondissement d’Issaba estime également que la commune de Pobè dispose d’un patrimoine culturel et traditionnel important qui pourrait être davantage valorisé au profit du développement du club.
« L’humilité, l’humilité et l’humilité »
La question de la gouvernance occupe également une place importante dans le message de Tolachè Adebiyi. Tout en exprimant sa fierté à l’égard de l’équipe dirigeante actuelle, il estime que des efforts restent nécessaires en matière de management et d’attitude.
« L’humilité, l’humilité et l’humilité peut faire grandir la JSP », a-t-il martelé.
Le conseiller évoque également un déficit de certaines « astuces managériales » au sein du bureau actuel. Il précise toutefois ne pas avoir encore eu l’occasion d’échanger directement avec les responsables du club en aparté.
Cette position traduit sa volonté de privilégier le dialogue, la responsabilité et la recherche de solutions plutôt que la polémique.
« Ne pas détruire ce qui appartient à Pobè »
Au-delà des éventuelles divergences entre les différents acteurs, Tolachè Adebiyi appelle à la responsabilité collective. La JSP, rappelle-t-il, appartient à la communauté et constitue l’un des principaux porte-drapeaux sportifs de la commune de Pobè.
« Je voudrais que les populations de la commune de Pobè cessent de détruire ce qui nous appartient pour une raison quelconque », a-t-il exhorté.
Pour lui, les périodes de tension doivent au contraire pousser les acteurs à davantage de retenue et de dialogue.
« Quand on est fâché, il ne faut pas décider et quand on est en joie, il ne faut pas décider », conseille-t-il, invitant les différents protagonistes à rechercher « le juste milieu ».
Une JSP à reconstruire autour de l’unité
Malgré la relégation en deuxième division, Tolachè Adebiyi ne cache pas son attachement à la Jeunesse Sportive de Pobè. Il se dit fier de l’équipe actuelle et appelle à une mobilisation générale afin de permettre au club de retrouver son rang dans le football béninois.
Son message se veut rassembleur : la JSP doit dépasser les querelles, améliorer son management, renforcer sa gestion financière et surtout fédérer les différentes forces de Pobè autour d’un projet commun.
Pour cet inconditionnel du football, la JSP demeure bien plus qu’une simple équipe sportive. Elle représente, selon lui, l’un des principaux symboles sportifs de la commune.
À l’heure où la Jeunesse Sportive de Pobè amorce une nouvelle étape de son histoire, l’appel à l’unité, à l’humilité et à la responsabilité collective pourrait constituer l’une des clés de sa reconstruction.
Ernest Folorouncho LATOUNDJI

