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Pétrole : le Bénin s’apprête à faire son retour sur le marché mondial

Pétrole : le Bénin s’apprête à faire son retour sur le marché mondial

Sèmè relance la production ; une première cargaison de 250 000 barils annoncée pour octobre

Après plus de deux décennies d’interruption, le Bénin s’apprête à renouer avec l’exportation de son propre pétrole brut. La relance du champ offshore de Sèmè, dans le sud-est du pays, ouvre une nouvelle séquence pour le secteur pétrolier béninois, avec la commercialisation annoncée d’une première cargaison de 250 000 barils dès octobre 2026.

Cette reprise est portée par Akrake Petroleum Benin, filiale du groupe singapourien Rex International Holding et opérateur du bloc 1 qui abrite le gisement de Sèmè. La production actuelle tourne autour de 3 000 barils par jour, un niveau inférieur aux premières projections qui situaient le potentiel initial entre 5 000 et 6 000 barils par jour.

Un gisement déjà exploité dans le passé

Le retour du Bénin dans le cercle des producteurs de pétrole ne constitue pas une première historique. Le champ de Sèmè avait déjà été exploité entre 1982 et 1998, période durant laquelle environ 22 millions de barils avaient été extraits. L’exploitation avait ensuite été interrompue dans un contexte marqué notamment par les conditions économiques du marché pétrolier.

La nouvelle phase d’exploitation intervient après plusieurs années de recherches et de redéveloppement du champ. En 2025, Akrake Petroleum a engagé des opérations sur le bloc 1. Le forage du puits horizontal AK-2H a notamment traversé environ 1 405 mètres de réservoir, dont près de 950 mètres de grès saturés en pétrole, selon les données techniques publiées sur le forage.

Une production encore modeste

Malgré cette reprise, les volumes attendus demeurent relativement limités. La production actuelle, estimée à environ 3 000 barils quotidiens, devra encore progresser pour atteindre les niveaux envisagés par l’opérateur. Le démarrage de la production a été rendu possible grâce au deuxième puits foré sur le gisement, le premier forage n’ayant pas atteint la cible recherchée.

Le contrat de partage de production attribue 76 % de participation à l’opérateur, contre 15 % pour l’État béninois et 9 % pour Octogone E&P, selon les informations publiées sur le projet.

La première cargaison de 250 000 barils constituera ainsi un test important pour cette nouvelle phase pétrolière. Au-delà du symbole du retour du Bénin sur le marché international, cette opération permettra également de mesurer les premières retombées économiques concrètes de la relance du champ de Sèmè.

Un retour à suivre de près

Le redémarrage de Sèmè intervient alors que le Bénin dispose déjà d’une expérience récente dans les opérations pétrolières maritimes grâce à l’exportation du brut nigérien via les installations de Sèmè-Kpodji. En mai 2024, un premier navire chargé d’un million de barils de pétrole brut nigérien avait quitté les eaux béninoises.

Avec son propre brut désormais destiné au marché international, le Bénin franchit donc une nouvelle étape dans son histoire pétrolière. La cargaison annoncée pour octobre sera particulièrement scrutée, tant par les acteurs économiques que par les observateurs du secteur, dans un contexte où la question des volumes produits, des recettes revenant à l’État et de la durée de vie du gisement demeure au cœur des enjeux.

Pour le pays, le défi sera désormais de transformer cette reprise de la production en retombées durables pour l’économie nationale, tout en assurant une gestion rigoureuse et transparente des ressources pétrolières.

Ernest LATOUNDJI

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